Deux femmes entrent sur scène comme on rentre dans un ring. Elles sont dans le combat de l’intime. Harcelées, violentées, violées, abandonnées, trahies… ces deux femmes vont entrer en dialogue pour exposer leurs chemins vers la résilience. Lady Gaza, la grande soeur. Elle tient un rôle de maman et de protectrice. Elle est lesbienne, a une fille, habite en banlieue. Mimi, sa petite soeur, 18 ans d’écart. Son bébé. Elle a voulu la protéger de tout. Sur scène, on ne sait pas si c’est unRING, une prison ou une chambre …On voit Lady Gaza, une silhouette “monstrueuse” prendre possession de la scène. On la voit lutter contre le regard des autres mais aussi contre elle-même. On lui dénie son droit à l’humanité. Elle est arabe pauvre, grosse et lesbienne. Elle subit et s’inflige tant de violences. C’est la Quasimodo arabe des quartiers populaires. A ses côtés, sa petite soeur. Mimi. Née après le suicide de leur soeur Loubna. Elle cherche sa place dans ce monde. A 10 ans, elle enterre leur père. La mort la poursuit. Puis les hommes veulent la posséder. Son corps est un corps colonisé, brisé, en lutte. On « les » voit sur le RING, elles rendent coup pour coup. L’asile les attends. Comment c’est possible que deux femmes, de la même famille, subissent autant de violences ? Heureusement, les alarmes intérieures sonnent de partout. RING RING RING the alarm. Il est temps de se sauver, de se choisir. Elles ne peuvent plus vivre en apnée, écrasées par le poids des peines, des colères et des émotions mal digérées. Peu à peu, on les voit lâcher leurs fardeaux. On les voit briser leurs chaînes, rompre avec leurs boulets. Elles dansent, chantent, crient, rient, pleurent, cassent et se réparent. Elles- échangent leurs recettes, elles se disputent, se sauvent, se fuient, s’aiment. Elles sont ensemble dans la souffrance mais leurs chemins de réparation sera différent. Ces deux soeurs, c’est l’unité entre femme lesbienne et femme hétéro, en lutte contre toutes les violences de cette société. Dans ce spectacle, qui est un mélange entre comédie musicale, stand up et arène politique, Lady Gaza et Mimi crient leurs désirs, leurs amours, leurs fiertés, leurs fragilité et leurs puissances. Elles finissent par ne faire plusqu’une avec elles-mêmes. En osmose avec leurs choix, leurs corps, leurs désirs, leurs sensualités, sa sexualité. Elles se mettent la RING au doigt (bague en anglais). Elles deviennent les femmes de leurs propres vies. Telle deux phoenix, elles renaîssent devant le public. Et ce feu intérieur transcende au-delà d’elles. D’autres gueules et corps cassés rejoignent alors ce RING, devenu cercle de feu. Une transe collective finit en beauté le show.
Association Dar Loubna – spectacle RING
