Voici un extrait de la note d’intention du projet, par No Anger.
« Série de courts-métrages traitant chacun de ma relation à un mythe ou à une figure de l’imaginaire commun : Barbie, Sapphô, Quasimodo, Narcisse, Sisyphe, la concubine asiatique, Marie Dorval, Claude Cahun, Dieu, le Dandy. Traitant de ma quête d’identité entre allégeances et rejets, imitation et transposition, ces courts-métrages pourront être réunis en chapitres d’un long-métrage, recomposant une narration de moi-même, toujours fragmentaire.
Cet ensemble filmique sera traversé par deux questions :
1° Comment me suis-je transposéx dans ces figures et ces mythes ? En quoi mon corps les a-t-il déplacés et en quoi ces récits communs ont-ils mis en mouvement les façons dont je racontais mon corps ?
2° Comment montrer à l’écran mon corps handicapé et lesbien sans tomber dans l’écueil trop facile du prisme sensationnaliste ? Comment composer une narration de mon corps qui, n’obéissant pas aux scénarii validistes ou cishétéronormés, l’ancrent dans d’autres récits communs ?
Ce projet s’enracine dans une double inspiration : tout d’abord, La Pensée Straight, où Monique Wittig développe notamment l’idée que les corps lesbiens ont toujours à se traduire dans le langage dominant ; ensuite, le recueil de nouvelles Héroïnes, où Claude Cahun se réapproprie avec humour et indocilité des figures féminines légendaires ou mythiques. Une troisième source d’inspiration, plus ténue quant à elle, sera à trouver dans Orlando, ma biographie politique, film récent de Paul B. Preciado qui y explore le rapport des corps trans au langage et à l’imaginaire dominant, à travers le personnage d’Orlando, créé par Virginia
Woolf dans son roman éponyme. »